Francophonie, éditeurs, libraires à Dakar : melting pot

Au retour de Dakar, où s’est tenu un séminaire professionnel d’éditeurs, libraires, diffuseurs, agents littéraires et associations professionnelles francophones (et pas seulement). Difficile pour le moment de publier une description des rencontres, sachant que je suis sous contrat pour la rédaction du compte rendu.

Je laisserai donc pour l’instant de côté le contenu des échanges, pour simplement en évoquer les contours.

Ces rencontres ont donc rassemblé une quarantaine d’intervenants, essentiellement africains pour les professionnels, majoritairement français pour les organismes (L’Oiseau Indigo, Alliance des Éditeurs Indépendants, AILF, BIEF et Afrilivres comme structure (inter) africaine). L’OIF était l’interlocuteur global des échanges, à la veille de la tenue du 15ème sommet de la francophonie. Michaëlle Jean en est désormais la nouvelle Présidente. Souhaitons bon vent à cette nouvelle direction, au profit du livre africain.

Un sentiment d’ensemble me parait se dégager des échanges qui ont eu lieu Villa Racine : le marché du livre africain est constitué d’une infinité de fils, de connexions, de dynamiques et de relations plus ou moins soutenues. La France se trouve être le carrefour d’un monde professionnel Nord-Sud, alors qu’un autre monde professionnel se développe in Africa (Sud-Sud). Ces deux mondes ne sont pas systématiquement en relation, et la photographie d’ensemble évolue constamment.

Si je devais faire un second constat, c’est que la cartographie éditoriale africaine est solide, pas du tout émergente, mais reste toujours une économie complexe, exposée à la diversité des situations nationales. En ce sens, l’enjeu reste et demeure le même à mon avis : on doit principalement connaitre ce qui existe, le plus précisément possible, et oublier nos bons vieux réflexes préalables « d’aider à tout prix ». Il faut d’abord écouter. Et ne jamais oublier le respect que l’on doit aux éditeurs et aux libraires africains.

Pour bien démarrer mon séjour dakarois, j’ai eu le grand plaisir d’intervenir dans le cadre d’une conférence à l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes de l’Université Cheikh Anta Diop. Une fois de plus : merci à eux pour cette invitation. C’était pour moi un honneur. De l’échange qui a suivi ma communication, je retiens une excellente réflexion d’une étudiante : « si l’édition africaine ne trouve pas encore une place solide en France et au Nord, qu’elle est exposée à des freins là bas, c’est peut être que les éditeurs français en ont peur ». À méditer…

Le monde du livre évolue constamment. Et personne ne l’empêchera de tourner. Jamais.

Raphaël Thierry

 

 

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