Une histoire de rencontre(s)

Entretien de Raphaël Thierry avec Muriel Diallo et Dramane Boaré…
Isabelle Gremillet (L’Oiseau Indigo diffusion), Muriel Diallo (auteur-illustrateur, récipiendaire du prix Saint-Exupéry), Dramane Boaré (éditeur, les Classiques Ivoiriens) à la remise du prix Saint-Exupéry 2012 (© L’Oiseau Indigo diffusion)

Mardi 23 octobre 2012, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Muriel Diallo, écrivaine ivoirienne, en présence de son éditeur Dramane Boaré, ivoirien lui aussi.

Muriel Diallo n’est presque plus à présenter : depuis près de vingt-cinq ans, elle est reconnue comme un des auteurs de jeunesse les plus talentueux du continent, mais on la connaît aussi pour son travail d’artiste-peintre et à travers les nombreux ateliers qu’elle anime en France dans le milieu scolaire.

Dramane Boaré dirige les Classiques Ivoiriens à partir d’Abidjan, et organise son travail d’édition et de distribution en Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest et désormais en France.

La collaboration de Muriel Diallo et de Dramane Boaré est avant tout une histoire de rencontres :

– la rencontre entre une écrivaine expatriée qui a toujours souhaité maintenir une présence dans le monde éditorial de son pays et un éditeur ivoirien qui, de son côté, a toujours cherché à ouvrir son catalogue à de nouveaux projets ;

– la rencontre d’un éditeur africain avec un diffuseur français : les Classiques Ivoiriens sont diffusés par L’Oiseau Indigo, structure arlésienne qui représente et promeut efficacement les éditeurs méditerranéens et africains au Nord ;

– et enfin, la rencontre d’un projet éditorial original avec un public : la collection Bibi n’aime pas, issue de la collaboration de Muriel Diallo avec les Classiques Ivoiriens, faisait cette année partie de la sélection du Prix Saint-Exupéry Valeurs Jeunesse (1), dans la catégorie « Francophone ». Muriel Diallo participait également au concours pour ses autres ouvrages Toclo Toclo et la fille Tête-en-l’air ainsi que Yozakura la fille du cerisier, publiés aux éditions Vents d’Ailleurs.

Au moment de notre entretien, Muriel Diallo ne savait pas encore qu’elle serait couronnée le lendemain soir (24 octobre 2012) par le jury du Prix Saint-Exupéry. Pour sa seconde participation au Prix (elle était déjà sélectionnée en 2000), elle reçoit donc une des principales récompenses pour la littérature de jeunesse francophone !

Elle prouve aussi que l’édition africaine a désormais toute sa place dans les concours littéraires du Nord et qu’un éditeur ivoirien indépendant est capable de jeter un pont entre les marchés du livre africains et le marché français.

Une histoire de rencontres dis-je… Bibi, petite fille ivoirienne espiègle et grognonne vient nous parler d’universalité : si, comme elle, les enfants du monde entier rechignent à manger des légumes, c’est peut-être que les frontières que l’on dresse aujourd’hui sont avant tout imaginaires…

[Lire mon entretien avec Muriel Diallo et Dramane Boaré sur le portail de la revue Africultures]

 

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