Revue de presse de décembre 2011

(31/12/2011) Ce mois-ci dans la revue de presse EditAfrica : Accords de Bangui, Accords de Florence, AfriBD, Afrilivres, Afrique du Sud, Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants, Association Internationale des Chercheurs sur les Littératures d’Enfance et de Jeunesse, Association Internationale des Libraires Francophones, bibliothèques camerounaises, CAFED, coédition, Commission Européenne, compte d’auteur, concurrence positive, contrefaçon, coopération sous-régionale, Côte d’Ivoire, Culturebene, diffusion, don de livre, EditAfrica, édition braille, FAMA édition, FILDAK, Gabon, Guinée-Conakry, livre équitable, livre numérique, Madagascar, Maroc, Mboa BD festival, Mongo Beti, OIF, politique du livre au Sénégal, Prix Alioune Diop pour la promotion de l’édition en Afrique, Protocole de Nairobi, société coopérative, Sopecam, Terre Solidaire…

 

31/12/2011 : un record d’affluence à la Foire du Livre et du Matériel Didactique de Dakar

Selon Moussa Vidal, responsable commercial du Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES), « la 13ème de la Foire internationale du livre et du matériel didactique (FILDAK), qui s’est tenue à Dakar du 17 au 22 décembre, a enregistré plus de 10 000 visiteurs ».
Des visiteurs « constitués d’élèves d’établissements publics et privés […]. [L]ors de la 12ème édition, 4500 entrées payantes ont été enregistrées ».
M. Vidal souligne encore qu’en « termes d’exposants directs, [il y en avait ] 73 contre 37 lors de la 12ème édition […]. Des exposants en provenance de 10 pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie, et Amérique ont pris part à cette édition alors qu’à la précédente, on était à huit pays ».

Une dépêche du 31 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

30/12/2011 : l’association panafricaine Afrilivres recrute un directeur

L’association Afrilivres « recrute un ou une directeur/rice à partir du mois de mars 2012 ». Cette proposition d’emploi est réalisée « avec le soutien technique et financier des ces partenaires, l’Institut français, l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants et l’Association Internationale des Libraires Francophones  ».
La fonction de directeur d’Afrilivres impliquera la gestion et l’administration de la structure :
– Aspects financiers et comptables ;
– Engagements auprès des sous-traitants ;
– Mémoire de la structure ;
– Social de la structure.
Le management :
– Constitution et animation de l’équipe de salariés (à déterminer sur le moyen terme) ;
– Politique de bénévolat ;
– Coordination de l’ensemble des projets de l’équipe (avec « autorité de délégation »).
Le  suivi de l’ensemble des réseaux d’Afrilivres, des projets, des outils et des méthodes :
– Suivi des projets : mettre en place des fichiers de prescripteurs et d’acheteurs potentiels, mettre en place des outils promotionnels, systématiser le référencement des nouveautés des éditeurs membres sur Electre et Medialivres par exemple, opérer une veille informative sur les marchés et les appels d’offre ; mettre en route le site marchand, etc.
– Suivi de la vie du réseau ;
– Suivi des outils ;
– Suivi des méthodes…
De veiller au respect de la gouvernance interne d’Afrilivres :
– Participer à la vie des organes ;
– Veiller à la circulation de l’information et la mise en dialogue entre les organes ;
– Veiller aux processus de décisions (ajustement des processus à une décision donnée) ;
– Relation avec le bureau et l’Assemblée générale (processus de reporting, force de propositions ou de stratégies…).
Enfin, de coordonner les relations avec les partenaires (institutionnels, financiers, professionnels, médiatiques) et la représentation d’Afrilivres à l’extérieur :
– Mettre en place une politique de communication soutenue auprès notamment des institutions culturelles nationales et panafricaines, des ministères, etc. ;
– Promouvoir l’association auprès des politiques, trouver des fonds pour en assurer la pérennité et le financement (pouvoirs publics, partenariats et mécénats).
Le poste est proposé sous la forme d’un contrat à durée déterminée d’un an renouvelable de janvier 2012 à janvier 2013.

Une annonce publiée le 26 décembre 2011, sur la base de données Africultures.com.

29/12/2011 : crise du livre en Afrique du Sud (suite)

L’Afrique du Sud, un pays de 50 millions d’habitants où le livre religieux représente plus de 20 % de la production : « En province, on ne trouve le plus souvent que des papèteries qui vendent quelques bouquins – romance, histoires de princesses, polars et sport – et des boutiques spécialisées dans les ouvrages religieux […]. Les plus grandes agglomérations ont tout de même de «vraies» librairies. La plupart du temps une succursale d’Exclusive Books, la principale chaîne du pays ».
Un contexte défavorable et qui joue en la faveur des librairies en ligne, face auxquelles de rares structures tirent leur épingle du jeu : il s’agissait notamment de la librairie Boekehuis – la « maison des livres », en afrikaans, « [c]ette petite librairie située à deux pas des principales universités de Johannesburg propose pour quelques semaines encore un assortiment d’ouvrages choisis, dans quatre pièces d’une maison centenaire », qui va bientôt fermer ses portes.
Une librairie gérée par Corina van der Spoel « souvent été décrite comme « indépendante », [mais qui] appartient depuis son ouverture en 2000 à Media24, le plus grand groupe de presse du pays. Lequel a décidé d’arrêter les frais, Boekehuis n’ayant jamais été rentable ».
La fermeture de la librairie Boekehuis fait grand bruit : « [u]ne pétition a été lancée pour faire revenir Media24 sur sa décision, signée par des noms tels que les écrivains André Brink et Deon Meyer. En vain ».
Dans cette période difficile : « Exclusive Books – qui appartient à un groupe de presse concurrent – vient de réduire la surface de son plus grand magasin ».

Un article publié le 24 décembre 2011, pour le quotidien Dernières Nouvelles d’Alsace (France).

28/12/2011 : le CAFED organise une formation sur le contrat d’édition « à l’ère du numérique »

Le Centre Africain de Formation à l’Édition et à la Diffusion (CAFED) organisait, du 12 au 16 décembre 2011 à Tunis « une session de formation locale destinée aux éditeurs tunisiens autour du thème du « Contrat d’édition à l’ère du numérique ».
La formation était encadrée par Emmanuel Pierrat, « spécialiste du droit d’auteur et de l’édition ».
Cette rencontre constituait la 65ème activité du CAFED « depuis son lancement en 1991, l’OIF, dont l’objectif est de favoriser l’émergence et la pérennisation de l’édition africaine endogène, aura permis à 1028 stagiaires et participants appartenant à 33 pays de professionnaliser leur savoir-faire et d’échanger leurs expériences dans les différents maillons de la chaîne du livre ».

Un billet publié le 20 décembre 2011, sur le site Web de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

27/12/2011 : à propos de la « crise de confiance » entre écrivains et éditeurs ivoiriens et propositions pour changer la donne

Selon N’dri Etty Macaire, critique littéraire : « Entre les auteurs et les éditeurs ivoiriens, c’est le désamour total. Nos auteurs ne font plus confiance en nos éditeurs. Les premiers reprochent aux seconds d’entretenir le flou quand il est question d’argent ».
Yehni Djidji, écrivaine et scénariste, revient sur son expérience éditoriale : « La première fois que j’ai tenu un contrat d’édition entre les mains, je me suis demandé quelle garantie j’avais que les chiffres transmis par la maison était les bons. Je me le pose toujours ! Parfois on te donne un document, juste un chiffre. Tu as vendu 100 ce mois, 250, 500… ça fait pitié ».
M. Etty Macaire dresse un bilan : « il ressort que l’auteur ivoirien […] n’écrit pas dans l’espoir de vendre et se faire de l’argent mais juste pour s’exprimer. C’est par ailleurs, cette crise de confiance entre l’éditeur et l’écrivain qui a amené des auteurs comme Isaïe Biton Koulibaly ou Camara Nangala à créer leur propre maison d’édition ».
Et de se questionner sur les recours : « Les auteurs ont-ils des voies de recours ? » En effet, « Les uns attendent un coup de pouce du gouvernement pour aider les maisons d’éditions à être plus performantes ; les autres pensent qu’il faut que les auteurs s’organisent, en prenant en charge l’édition de leurs manuscrits ».
Une seconde voie défendue par le journaliste Frédéric Cantraine, qui propose que « les auteurs Ivoiriens envisagent de créer une coopérative d’édition dont ils seraient les membres du Conseil d’Administration […]. L’idée d’une société coopérative à l’inverse d’une S.A ou d’une SARL, n’est justement pas de viser comme objectif ultime le profit maximum, mais une rémunération juste de ses membres. Les artistes, membres fondateurs de la S.C. et membres de son Conseil d’Administration auraient ainsi le monopole de décision de la ligne éditoriale, et un regard sur la gestion financière de la maison d’édition, dont la gestion technique serait confiée à des salariés professionnels de l’édition ».
Un tel regroupement pourrait représenter en Côte d’Ivoire « une force et un lobbying capables de faire basculer une maison d’édition, avec la puissance du contrôle permanent, liée à la force de ce lobbying ».
Un autre moyen de pression : « embarrasser les maisons d’édition pour les amener à respecter leurs engagements envers les écrivains. Cela revient pour l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire par exemple de rédiger une liste de maisons non fiables et d’en donner les raisons. Une telle démarche va constituer un moyen de pression susceptible de pousser les maisons sur la voie d’un véritable professionnalisme ».
Selon Etty Macaire, la balle est dans le camp des écrivains, lesquels « doivent se réorganiser et faire preuve d’imagination que de subir la loi des éditeurs […]. Mais au préalable, il est temps que l’AECI [ndlr : l’Association des Écrivains et Critiques de Côte d’Ivoire] naisse de nouveau. Elle a besoin d’un grand bouleversement,  d’une révolution même, celle qui précède les véritables renaissances ».

Un article de Etty Macaire, pour le quotidien Le Nouveau Courrier (Côte d’Ivoire).

27/12/2011 : le compte d’auteur, seule alternative à l’édition en Côte d’Ivoire ?

Etty Macaire, critique littéraire, vient de publier un très intéressant article sur le contexte éditorial ivoirien ; un pays où « [l]e terrain de l’édition n’est plus la chasse gardée des grandes maisons. Désormais, l’espace est disputé par des maisons plus ou moins petites qui se battent pour s’ouvrir un chemin dans la difficile « jungle » éditoriale ».
La production ivoirienne a beaucoup changé : « Le temps où étaient rares les écrivains qui proposaient les manuscrits est révolu. Les Ivoiriens écrivent abondamment et l’espace de l’édition connait un petit boom ».
Néanmoins « [m]algré ce vent printanier, nos maisons d’éditions ne donnent pas satisfaction aux auteurs et cela pour deux raisons majeures ».
Cependant, « [l]es maisons d’édition ivoiriennes publient irrégulièrement et difficilement. Les maisons qui ont, de façon claire, une saison ou une périodicité de publication d’ouvrages sont rarissimes. Il en existe même qui, comme elles étaient frappées de stérilité, peuvent traverser cinq longues années ou plus sans publier le moindre ouvrage. Un manuscrit déposé dans nos structures éditoriales, lu, corrigé et reconnu comme valide, peut y passer six voire dix ans […]. Même des auteurs confirmés ont dû tempêter ou se ronger les freins avant de voir leur livre publié ».
Un dysfonctionnement qu’explique l’éditeur Serge Grah : « il est avéré que les maisons d’éditions sont confrontées à de terribles pressions financières […], les maisons d’édition, pour tenir la route demandent ou même exigent à leurs auteurs de participer financièrement à la publication de leurs propres livres ».
Une pratique devenue monnaie courante, selon M. Grah : « En effet, ils sont de plus en plus nombreux ces Ivoiriens qui paient pour que leur œuvre soit publiée. C’est ce qu’on appelle l’édition à compte d’auteur. Payer pour être édité. Dans cette période de crise généralisée, c’est tentant de demander à un auteur de délier sa bourse pour la publication de son livre. En tout cas, les éditeurs ivoiriens n’hésitent plus à le faire. Et c’est très souvent qu’ils l’imposent même ».
À la question « Quelle sera finalement la tâche des éditeurs si l’auteur lui-même doit payer de sa poche ? », l’éditeur répond : « Dans ce cas, ils offrent différentes prestations qui vont de la correction du manuscrit à la distribution, en passant par la composition, l’impression, les formalités de déclaration légale (dépôt légal et l’International Serial Book Number) et la gestion des commandes ».
L’édition à compte d’auteur serait « la seule issue pour les auteurs qui veulent absolument être publiés chez un éditeur. Car, il existe aussi l’autoédition qui, elle, consiste à faire appel directement à un imprimeur sans passer par un éditeur […]. Une telle pratique signifie simplement que les démunis ne peuvent pas publier […]. L’édition ivoirienne serait elle sinistrée au point de voir les éditeurs se muer en prestataires de service ? »
Serge Grah souligne enfin que ce problème « n’est pas spécifique à la Côte d’Ivoire. Les structures éditoriales même en Europe connaissent des difficultés de trésorerie […]. Qu’on ne s’y méprenne surtout pas. Cette option éditoriale n’est pas propre aux éditeurs ni aux auteurs ivoiriens. En France, une maison d’édition très connue des universitaires ivoiriens s’en est presque spécialisée. Elle qui exige des auteurs des manuscrits retenus la prise en charge de la prépresse (correction, mise en page) et n’accepte que le prêt-à-clicher. Les auteurs des ouvrages ainsi publiés ne touchent de droits d’auteur qu’après la vente du millième exemplaire. Autant dire jamais. En plus, ils doivent acheter en moyenne 250 exemplaires du tirage. Pour les auteurs, il n’est plus tenable de qualifier cette maison d’éditeur à compte d’éditeur ».

Un article de Etty Macaire, pour le quotidien Le Nouveau Courrier (Côte d’Ivoire).

26/12/2011 : crise du livre en Afrique du Sud

La fermeture d’une importante librairie de Johannesburg en Afrique du Sud « a montré qu’il était très difficile de vendre des livres en Afrique du Sud, un pays où seule une élite lit vraiment ».
Selon Elitha van der Sandt, directrice du Conseil Sud-Africain de Développement du Livre (SABDC) : « Seul 1% de la population achète des livres ».
Un pays où les professionnels du livre doivent faire face à « un grave problème d’illettrisme, notamment hérité de l’apartheid […] ».
La question du prix du live se pose aussi, puisque « le moindre livre de poche coûte au moins 120 rands (11 euros). C’est beaucoup dans un pays où un salarié non-qualifié gagne en moyenne de 2 000 à 3 000 rands ».
Beth Le Roux, de l’université de Pretoria fait un constat : « [a]lors que quelques livres se vendent vraiment bien, la plupart ne se vendent qu’à un millier d’exemplaires. Ça veut dire que les éditeurs font des petits tirages, ce qui fait monter les coûts (et les prix) ». Mme Le Roux « cite aussi la TVA à 14 % et le coût du transport pour les ouvrages importés […]. Pour faire partie des best-sellers, il ne faut vendre que quelques milliers d’exemplaires ici ! ».
Une profession dont le chiffre d’affaire global est estimé par l’universitaire « à 3,5 milliards de rands (320 millions d’euros), dont les deux tiers concernent des ouvrages scolaires et universitaires. Les livres religieux représentant plus de 20 % du reste, la littérature générale n’est pas à la fête, dans ce vaste pays de 50 millions d’habitants ».

Une dépêche du 23 décembre 2011, pour Angop, l’agência Angolapress.

25/12/2011 : le centralisme éditorial sénégalais

FAMA Editions, qui participaient pour la deuxième fois à la FILDAK de Dakar, étaient « une des rares maisons qui se trouve en dehors de Dakar à exposer au CICES [Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal] », parmi les structures dakaroises des Éditions Juridiques Africaines (EDJA), EENAS, BLD, Salamata, Impulse, Nouvelles Éditions Africaines (NEA), Maguilène, Nara.
Moustapha Ndéné Ndiaye, qui a créé la maison d’édition en 1999, revient sur son choix de s’établir à Thiès par « une volonté de décentraliser l’édition et l’action culturelle, concentrée pour la plupart à Dakar […]. Si FAMA Editions a quelque chose d’original, c’est parce qu’elle est à ce jour l’unique maison d’édition sénégalaise basée à l’intérieur du pays […] la seule maison historique, qui existait à l’intérieur du pays était XAMAL de Saint-Louis […] qui aujourd’hui a disparu ».
Une présence à la foire du livre de Dakar qui a permis à FAMA éditions de présenter « un catalogue riche de 15 titres d’ouvrages d’auteurs sénégalais […]. Sur ce catalogue, les œuvres les plus convoitées sont celles qui sont dans les programmes scolaires […], il y a aussi la littérature de jeunesse comme les contes, au-delà, les autres ouvrages ne sont vendus qu’exceptionnellement ».
M. Ndéné Ndiaye s’est adressé au ministère de la culture sénégalais : « Nous n’avons pas d’imprimerie et nous sommes très souvent obligés de venir à Dakar. Pour mettre un terme à cela nous cherchons des partenaires pour nous aider à construire des locaux qui abriteront la maison d’édition et l’imprimerie sur une surface de 500 mètres carrés qu’on a déjà trouvée ».

Un article de Abdoulaye Badji, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

24/12/2011 : le Maroc fait un don de 15 000 livres au Sénégal

Leila Pani, administratrice à la Direction du livre du Maroc a indiqué que « Le ministère marocain de la Culture a décidé d’offrir au ministère sénégalais de la Culture 15 000 ouvrages exposés à Dakar dans le cadre de la 13-ème Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) ».
Un lot de livres « composé de romans, de livres religieux islamiques sur la confrérie tidjane, de contes pour enfants, d’une bibliographie sélective de 200 auteurs marocains qui ont écrit sur l’Afrique […] en arabe et en français ».

Une dépêche du 21 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

23/12/2011 : promouvoir le livre équitable en Afrique de l’Ouest

Au cours d’une conférence sur « la problématique de la diffusion et de la promotion du livre africain francophone », Anges Félix Ndakpri, président de l’Association des Éditeurs Ivoiriens, a appelé les « institutions sous-régionales et les pouvoirs publics à promouvoir la production du « livre équitable » qui repose sur « le système de péréquation », pour permettre aux éditeurs les moins favorisés de supporter les coûts ».
Une opération qui pourra « aider les éditeurs, mais aussi [tenir] compte du pouvoir d’achat de l’acheteur ».
Selon M. Ndakpri « [l]es organisations sous-régionales telles que l’UEMOA, la CEDEAO doivent assurer un environnement légal et juridique qui encadre les activités des industries du livre national […], des structures de formation aux métiers du livre doivent être créées par les institutions sous-régionales en vue de favoriser l’intégration sous-régionales des populations ».
Une « plateforme d’intégration [qui] permettra aux populations des États membres de l’UEMOA (Bénin, Burkina-Faso, Côte-d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) de s’exprimer et partager leurs avis ».

Une dépêche du 20 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

23/12/2011 : la compétition nationale et internationale pour renforcer les industries culturelles africaines

Toujours durant le colloque « les industries culturelles, moteur de développement : place et perspectives pour le livre », Aliou Sow a rappelé que l’importance de « [l]’amélioration de la situation des industries culturelles africaines dépend de leurs capacités à affronter la compétition nationale et internationale par la mise en place de mécanismes d’interaction dans les différents secteurs culturels [;] en pleine mondialisation […] il faudrait […] envisager des mécanismes interactions commerciales entre les différents secteurs culturels [tels que] la littérature, l’édition, le théâtre ou encore la musique ».
Selon M. Sow, « si les acteurs culturels ont des synergies, des complémentarités […], il est évident qu’on aura une force plus grande sur le plan commercial et [que nous] pourrions faire face à la compétition […]. Au-delà de ça, nous pouvons constituer des groupes de pression sur le plan politique pour que les auxiliaires politiques prennent les mesures qu’il faut pour nous aider ».

Une dépêche du 20 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

22/12/2011 : le marché du livre sénégalais

Aliou Sow, spécialiste de l’édition scolaire est intervenu durant le colloque  « Les industries culturelles, moteur de développement : place et perspectives pour le livre » qui se tenait en marge de la FILDAK de Dakar. M. Sow a relevé un certain nombre de points liés à l’édition en Afrique subsaharienne, en particulier « l’absence d’une politique nationale du livre [parmi les] nombreux obstacles au développement du livre dans la plupart des pays en Afrique ».
L’éditeur s’est arrêté sur la question des économies locales du livre qui donnent « l’impression que ce sont des marchés assez rétrécis mais en réalité […] potentiellement vastes ». Selon lui, la réduction du marché tient aux « tirages limités de l’ordre de 3000 et 5000 exemplaires » et au « secteur de la distribution reste aussi le maillon faible de la chaine de livre ».
Si « la faiblesse d’accès des acteurs du secteur de la culture au capitaux » se caractérise par « un lectorat très faible », Aliou Sow a souligné que « le Sénégal est l’un des rares pays à se doter d’une panoplie de mesures qui devraient dans les conditions normales favoriser l’émergence d’une industrie du livre […]. Parmi cette panoplie de mesures, il y a la création d’un conseil supérieur du livre depuis 1972, de réseaux de bibliothèques publics depuis 1975, l’existence d’une direction du livre et de la lecture, l’attribution d’un grand prix pour les lettres du chef de l’État […]. À cela s’ajoute la mise en place d’un fonds d’aide à l’édition doté d’un montant symbolique de 600 millions de Francs CFA ».

Une dépêche du 20 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

22/12/2011 : le Maroc invité d’honneur de la FILDAK

Le Maroc était invité d’honneur de la Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique de Dakar. Selon Hassan El Ouazzani, directeur du livre au ministère de la culture du Maroc : « un programme éclectique a été mis en place afin de faire découvrir les multiples facettes du patrimoine culturel du Maroc au Sénégal ».
Des expositions de livres d’auteurs marocains ont été assurées par plusieurs maisons d’édition (La Croisée des Chemins et Dar Al-Amane), et des institutions (le ministère de la culture, le ministère des Habous et des affaires islamiques de l’Institut des études africaines, la faculté des lettres et des sciences humaines – Université Mohammed V et la ligue Mohammadia des Oulémas).
Poètes, écrivains, essayistes marocains sont intervenus sur différents thèmes comme « l’ordre culturel subsaharien au Maroc, le roman marocain de langues arabe et française, les variations sur l’Afrique ainsi que sur la problématique du livre ».
La délégation marocaine a également présenté une bibliographie des écrits marocains sur l’Afrique : « Décrire l’Afrique », éditée par la Direction du Livre, des bibliothèques et des archives ; « [l]e but de cette bibliographie est de faire découvrir aux visiteurs de la 13e édition de la FILDAK l’apport des Marocains et de leurs différentes productions écrites relatives à l’Afrique ».

Un article de Fatima-Ezzahra Saâdane, pour le quotidien Les Échos (Maroc).

21/12/2011 : en 2009, la Commission Européenne s’interrogeait sur l’édition africaine

Du 1er au 3 avril 2009, le colloque « Culture et création, facteurs de développement » se tenait à Bruxelles, à la Commission Européenne. Une rencontre invitant éditeurs, écrivains, associations et organisateurs de foires du livre des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP) et de l’UE à réfléchir sur la question « comment l’industrie de la culture [doit] répondre aux besoins du public des pays ACP et aux intérêts du public des pays du Nord ».
Un principal problème a été souligné : « Les pays ACP ne disposent que de maigres données officielles sur la force économique du secteur de l’édition [alors qu’il] y a aujourd’hui des éditeurs dans presque tous les pays africains, mais l’activité dans ce domaine varie énormément d’un pays à l’autre […], tout le monde sait que, à l’exception de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de l’Égypte, l’industrie africaine du livre est faible ».
Dans des pays où « [l]es manuels scolaires sont les publications les plus vendues (entre 55 et 70 % du total)  […], leur diffusion se limite en général à quelques spécialistes locaux, à des éditeurs étrangers ou à leurs branches locales ».
Comme « peu d’éditeurs prennent des risques financiers […], les écrivains désireux d’avoir une présence sur la scène internationale doivent trouver un éditeur du Nord [par exemple à New York, Londres, Paris ou Lisbonne] » où ils pourront « trouver des revenus, des possibilités de distribution, de promotion, obtenir des prix et participer à des événements ».
Si l’on se situe à un niveau global et littéraire, au niveau de la diffusion locale, le bas blesse également, constatant « le manque de librairies, et donc de possibilités de vendre des livres ». Et de rappeler que « le Mali ne compte que 13 librairies, le Burkina Faso 11, et le Sénégal 215 (dont 200 commerces de petite taille) tandis qu’un pays comme l’Italie en possède pas moins de 2 000 ».
Sur la question documentaire, « Le continent africain souffre […] d’un manque de centres de lecture et de bibliothèques ».
Un environnement légal qui ne favorise pas « l’augmentation de la production de livres africains et […] l’amélioration de leur marketing », surtout si l’on observe « l’absence de politiques publiques et […] la lourdeur des droits de douane, qui pénalisent la circulation des livres et des matières premières (papier, encre ou consommables pour imprimantes). Bien que l’accord de Florence (1950) et le protocole de Nairobi (1976) sur l’importation des objets à caractère éducatif, scientifique ou culturel aient été signés par de nombreux pays, ils ne sont pas respectés ».
Si des structures historiques comme CEDA en Afrique de l’Ouest, CLÉ au Cameroun, NEAS au Sénégal, NEI en Côte d’Ivoire ou Afrique-Éditions en République Démocratique du Congo, bénéficient d’un certain prestige, les « nouveaux éditeurs africains sont plus dynamiques et plus ouverts à la création de réseaux susceptibles de favoriser le développement de l’édition […] à travers des projets innovants » comme des coéditions avec des éditeurs du Nord « proposées à des prix plus abordables pour le public du Sud », par exemple, la collection « Terres solidaires » (Le Serpent à plumes et Actes Sud en France), dont les romans d’auteurs africains sont vendu « à un prix compris entre 2000 et 3000 francs CFA », ou encore l’initiative de « Global Issues », un projet de « foire du livre » mené par l’éditeur québécois Ecosociété.
Des réseaux nationaux (associations nationales de maisons d’édition, réseaux de librairies et les associations d’auteurs) et panafricains (Afrilivres, African Books Collective, l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants, l’African Publishers Network) se développent de plus en plus, notamment pour « faciliter la présence des publications ACP dans les foires du livre du Nord ».
Néanmoins, « cette participation reste étonnamment faible. Il suffit, pour s’en convaincre, de feuilleter les catalogues des récentes foires du livre en Italie. Ainsi, à la foire du livre pour enfants de Bologne (du 23 au 26 mars 2009), où 66 pays exposaient leurs publications, le continent africain n’était représenté que par des éditeurs d’Afrique du Sud, de Tanzanie et d’Égypte ».

Un article de Sandra Federici et Andrea Marchesini Reggiani, pour le bimensuel Le Courrier (Belgique).

20/12/2011 : question et enjeux du livre numérique à Dakar

Marc-André Ledoux, responsable du stand « Nouvelles Éditions Numériques Africaines » (NENA) à la Foire du Livre et du Matériel Didactique de Dakar (FILDAK) « invite les maisons d’éditions africaines à se mettre au numérique […], les livres numériques sont 20 à 25 pour cent moins chers que les livres imprimés. Mais ils exigent un équipement de lecture. Cependant l’ordinateur n’est pas l’équipement idéal […]. Il y aura des gens qui vont passer du papier au numérique mais d’autres vont toujours en préférer le livre papier. Le livre ne va pas disparaitre ».
Les NENA sont des « édition[s] numérique[s] qui publie[nt] des CD ROM dans le domaine du droit africain, dans le droit de la fiscalité, droit du travail et douanier ».

Une dépêche du 19 décembre 2011, pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

19/12/2011 : les éditions Salamata « meilleure maison d’édition nationale » à la FILDAK

Les éditions Salamata, dirigées par Seydou Sow, ont reçu le prix de « la meilleure maison d’édition nationale » de la FILDAK et un chèque d’un montant de un million de francs CFA. L’objectif est de « pousser les maisons éditions à produire des ouvrages de qualité sur le plan de la présentation et la mise en page ».
M. Seydou Sow s’est exprimé sur sa distinction : « Je dédie ce prix à tous les militants anonymes qui se battent pour la promotion des livres africaines, car les ouvrages sont les meilleures armes pour converser le patrimoine de l’Afrique ».

Un article de Paule Kadja Traore, pour le quotidien Walf Wadjri, L’Aurore (Sénégal).

18/12/2011 : prix Alioune Diop pour les éditions tunisiennes Elyzad

Le 12ème prix Alioune Diop « pour la promotion de l’édition en Afrique » de la FILDAK de Dakar a été attribué aux éditions Elyzad de Tunis, ce samedi (17 décembre 2011). Les Editions Eliza ont reçu un chèque d’un million cinq cent mille Francs CFA. Les Nouvelles Éditions Ivoiriennes-Centre d’Édition et de Diffusion Africaines (NEI-CEDA) ont obtenu la deuxième place et un chèque d’un million de Francs CFA.
« Quelques 16 maisons d’édition venant de cinq pays (Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal, Togo, Tunisie) ont participé à ce concours de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) destiné à « apporter un soutien matériel au secteur éditorial africain ».

Un article de Paule Kadja Traore, pour le quotidien Walf Fadjri, L’Aurore (Sénégal).

17/12/2011 : Mongo Beti réédité au Cameroun !

Dix ans après sa mort, Mongo Beti est publié pour la première fois au Cameroun et en Afrique, et nous imaginons la fierté de la maison d’édition camerounaise Ifrikiya, qui coédite Trop de soleil tue l’amour (dont les droits ont été achetés par l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants aux éditions Julliard, qui éditent le roman depuis 1999 en France). Cette nouvelle édition est créditée d’une préface d’Odile Tobner, veuve de l’écrivain.
Fruit d’une coédition panafricaine, ce roman est le cinquième titre de la collection « Terres solidaires » ; il est publié par 10 éditeurs africains :  Ifrikiya (Cameroun), Barzakh (Algérie), Sankofa & Gurli (Burkina Faso), Lemba (Congo Brazzaville), Eburnie (Côte d’Ivoire), Jamana (Mali), Le Fennec (Maroc), Ikirezi (Rwanda), Graines de pensées (Togo) et Elyzad (Tunisie). Trop de soleil tue l’amour est vendu au prix de 2 500 FCFA (400 DA ; 45 DM ; 8 DT ; 3 300 RWF).
Nous ne doutons pas de l’importance de la présence de Mongo Beti dans les librairies camerounaises – chez un éditeur camerounais – ni de son succès à venir !

Une notice bibliographique publiée sur le site Web de l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants.

15/12/2011 : opération « un métier, un livre » et al. à la 13ème Foire Internationale du Livre et du matériel Didactique de Dakar

La Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique de Dakar (Fildak), qui se tient du  17 au 22 décembre 2011, au pavillon Sénégal du Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES), sera le cadre du lancement de l’opération « Un métier, un livre » qui consiste « à inciter tous les corps de métier et les associations de femmes à venir acheter un livre » pour « montrer que la culture n’est pas seulement le fait des élèves, des étudiants ou des intellectuels ».
Selon Mariama Ndoye, directrice du livre au ministère de la culture sénégalais : « Il y a une chaîne de métier qui dépend du livre, si l’on sait que la musique, les arts plastiques rapportent de l’argent, ce n’est pas le cas pour le livre », appelant « les éditeurs à améliorer leur travail en formant leur personnel et les comités de lecture pour s’assurer que les manuscrits sont bien écrits et bien corrigés ».
Concernant les habitudes de lectures de sénégalais : « Ils lisent, mais n’achètent pas tous les livres ».
Pour cette treizième éditions « Le Maroc [est] pays invité d’honneur […], avec une délégation de douze écrivains et poètes dirigée par le ministre marocain de la Culture. Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée Conakry, Mauritanie, Mali, Niger, Togo et Tunisie seront de la partie. Pour la première fois, estime la directrice du livre, le Canada l’Inde et l’Iran viendront à la Fildak. Les auteurs rencontreront durant les six jours de la foire les élèves pour des échanges autour du livre dans les stands et espaces aménagés et lors des dédicaces ».
Plusieurs « temps forts » : « remise des Prix Alioune Diop du meilleur éditeur africain et de la meilleure maison d’édition sénégalaise décernés par la Francophonie à l’ouverture de la Fildak [samedi 17 décembre],  [l]a journée de la Francophonie [dimanche 18 décembre], les langues nationales seront à l’honneur avec l’Organisation sénégalaise d’appui au développement qui s’active dans l’édition et l’Union des écrivains en langues nationales […], [la] journée dédié à Léopold Sédar Senghor pour marquer le dixième anniversaire de son décès [20 décembre] ».
Enfin, « [d]’autres écrivains, notamment Mbaye Gana Kébé, Mame Younouss Dieng seront honorés lors de la journée dédiée au ministère de la Culture [mercredi 21 décembre] » et « [u]ne conférence sur le thème « Regard sur la femme d’aujourd’hui » sera au cœur des échanges avec les professeurs de français et des écrivains comme Rahmatou Seck Samb, Ken Bugul, Sokhna Benga, etc ».

Un article de Fatou K. Sene, pour le quotidien Walf Fadjri, L’Aurore (Sénégal).

14/12/2011 : les industries culturelles, moteur de développement à Dakar

La 13ème Foire Internationale du Livre et du matériel Didactique de Dakar (FILDAK) s’est ouverte à Dakar ce 14 décembre, sous l’égide du ministère de la Culture sénégalais.
Organisée pour la première fois en 1985, « la FILDAK a pour objectifs de faire connaître la production intellectuelle des pays y participant, encourager et renforcer les activités liées à la création, la production et la diffusion du livre ». Cette édition a pour thème « les industries culturelles, moteur de développement : place et perspectives pour le livre ».
La FILDAK « réunit les professionnels du livre : éditeurs, libraires, écrivains, critiques littéraires, journalistes, bibliothécaires, documentalistes, archivistes, collectionneurs, lecteurs, amis du livre en provenance du monde entier. Expositions de livres et de matériel didactique, colloques, rencontres professionnelles et diverses animations sont inscrits au programme de la manifestation […] ».

Une dépêche publiée le 14 décembre 2011 pour l’Agence de Presse Sénégalaise.

13/12/2011 : un état des lieux des bibliothèques au Cameroun

« Où en seront les bibliothèques camerounaises dans dix ans ? », s’interroge Charles Kamdem Poeghela, bibliothécaire et directeur d’un centre socio-culturel à Yaoundé, au Cameroun (le Centre d’Animation et d’Activité Culturelle du quartier Mimboman-Liberté).
M. Kamdem Poeghela relève différents types de bibliothèques au Cameroun :
– Les bibliothèques universitaires publiques (Yaoundé 1, Yaoundé 2 – Soa, Douala, Buéa, Dschang et Ngaoundéré), souvent en grandes difficultés, bien qu’il faille « toutefois noter qu’à l’instar de la BU de Buéa, plusieurs autres BU sont ou ont été aidées par des chancelleries et organisations étrangères telles que les services français de coopération, l’ambassade des États-Unis, le British Council et d’autres partenaires tels que l’université du Maryland aux États-Unis, ainsi que le campus de Menheim en Allemagne » ;
– les bibliothèques universitaires privées telles que la BU de l’UCAC (Université Catholique d’Afrique Centrale), « une des rares BU camerounaises visibles sur internet » ou la BU de l’UPAC (Université Protestante d’Afrique Centrale) « encore dans un état embryonnaire [et] soutenue par la Centrale de littérature chrétienne francophone (CLCF) » ;
– les bibliothèques scolaires « très souvent inexistantes, et, quand elles existent, dans certains cas, il n’y a presque pas de livres ou des livres très peu souvent renouvelés », bien que « certains établissements publics essaient tant bien que mal de maintenir leur bibliothèque en vie (lycée Général Leclerc de Yaoundé) » ; les écoles privées se distingue en cela des écoles publiques : « Les collèges Vogt, Jean Tabi, Liberman, La Retraite, etc., disposent de bibliothèques acceptables pour les besoins de formation de leurs élèves » ;
– Les bibliothèques municipales : « Ces bibliothèques municipales sont très souvent le fruit de la coopération décentralisée […]. On notera quelques établissements (Yaoundé 6, Douala 2, Messamena, Sa’a), dont « le fonds documentaires n’est en général pas important, mais c’est déjà une grande victoire que d’avoir une bibliothèque dans un environnement aussi morose » et de souligner que « [l]es gouvernements camerounais et français avaient mis sur pied, dès la fin des années 1990, un grand projet de lecture publique […]. Il était initialement question de faire vivre et rayonner la centrale de lecture publique de Yaoundé, mais aussi d’en créer dans les chefs-lieux des dix régions du Cameroun. Mais à ce jour, seule l’initiative de Yaoundé existe vraiment […]. » ;
– une alternative avec des bibliothèques privées qui « se créent de plus en plus dans des quartiers […]. Bien que leurs ressources matérielles, financières, logistiques et techniques soient souvent limitées » : la bibliothèque des Lucioles (bibliothèque jeunesse initiée à Yaoundé par l’institution Thérésienne) ;  la « Maison des savoirs » (MDS) ; la « Bonne Case » dans la ville de Bagangté ; l’association « Kalati, on lit au Cameroun » ; le centre culturel Francis Bebey de Yaoundé ; le centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC) de Yaoundé ;
– les bibliothèques issues de la coopération étrangère (publique et privée) : le réseau des alliances franco-camerounaises (Dschang, Garoua, Bamenda), « les bibliothèques de l’ambassade des États-Unis, du British Council, du Goethe Institut et d’autres bibliothèques et centres de documentation des organisations onusiennes présentes au Cameroun, ainsi que d’autres organisations internationales et locales telles que la Fondation Paul Ango Ela, Doual’Art, qui sont des établissements spécialisés ».
M. Kamdem Poeghela met enfin en avant : « la création depuis quelques années d’une « direction du livre et des bibliothèques » au ministère de la Culture […], l’État du Cameroun est en train de mettre en route un processus de décentralisation qui fait obligation aux mairies de s’occuper de la culture et donc de créer des bibliothèques et de recruter des professionnels pour s’en occuper », ainsi qu’une « certaine prise de conscience de la part des bibliothèques universitaires, qui essaient de se regrouper au sein de consortiums afin d’être plus fortes ensemble et décrocher des financements plus importants ».
Un article comme une note d’espoir : « La décennie à venir sera rose pour les bibliothèques au Cameroun si le secteur privé, les pouvoirs publics, les associations professionnelles et aussi la grande école de documentation du Cameroun qu’est l’ESSTIC se mettent ensemble pour planifier, par des actions concrètes, l’avenir des bibliothèques et des professionnels ».

Un article de Charles Kamdem Poeghela, publié sur le Bulletin des Bibliothèques de France (BBF).

12/12/2011 : l’édition de jeunesse francophone face à la mondialisation

L’Association Internationale des Chercheurs sur les Littératures d’Enfance et de Jeunesse (ACLEJ) organisait le 10 décembre dernier « un échange autour de quelques productions récentes dans le domaine de la recherche » sur les littératures de jeunesse.
Cette journée était l’occasion d’une présentation de Luc Pinhas du recueil des actes du colloque : « l’édition de jeunesse francophone face à la mondialisation » organisé du 26 au 28 juin 2008 à la Maison des Sciences Humaines de l’Université Paris-Nord. Cette rencontre avait pour objectif de « dessiner l’état des lieux et à préciser les enjeux et les problématiques de cette « bibliodiversité » fragile dans le contexte de globalisation économique ».
L’ACLEJ lance ainsi une série de rencontres (3 par an) organisées autour de différents axes de recherches liés au travail de l’association.

Une information de l’ACLEJ publiée sur le « Blog de littérature pour la jeunesse » (France).

11/12/2011 : la question de l’édition braille en Afrique francophone

Françoise Madray-Lesigne intervenait le 24 novembre 2011 au Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) à Genève : « […] moi-même aveugle de naissance, parce que j’ai eu la chance de naître en France, j’ai pu faire des études et mener une carrière universitaire brillante. Mais si j’étais née en Afrique francophone, si je faisais partie de ces 8 500 000 personnes privées totalement ou partiellement de la vue pour lesquelles je m’adresse à vous, je n’aurais pas pu accéder à la culture […], en Afrique francophone, les personnes déficientes visuelles n’ont pas accès à 5 % des documents publiés, elles n’ont pas accès à 2 % de ces documents, ni même à 1 %, mais à 0,00001 % de la production éditoriale. C’est dire que pratiquement aucun livre adapté, sous quelque format que ce soit, n’est actuellement disponible dans cette partie du monde ».

Un billet publié le 8 décembre 2011, sur le site Web de l’Association Valentin Haüy (France).

10/12/2011 : l’extension des éditions L’Harmattan en Guinée

Sansy Kaba Diakité évoque, dans un entretien avec Jeune Afrique, son travail aux éditions L’Harmattan Guinée « pour permettre aux Guinéens d’avoir un réel accès aux livres et aux éditeurs […]. Le pays n’offrant aucune formation dans le domaine de l’édition, il m’a fallu beaucoup de temps pour créer un réseau de professionnels. La faiblesse du pouvoir d’achat des citoyens et, surtout, l’absence de politique nationale du livre sont aussi des obstacles au développement de la lecture. Néanmoins, avec la nomination comme ministre de la Culture d’Ahmed Tidjani Cissé, lui-même auteur de quelques ouvrages, dont deux parus chez nous, on peut s’attendre à des changements. Le bilan, sans prétention, est très satisfaisant. Nous avons déjà publié plus de 170 titres et fait découvrir une cinquantaine de nouveaux auteurs guinéens. L’Harmattan Guinée est présent dans tous les grands salons du livre (Bruxelles, Francfort, Paris, Dakar, etc.) et les écrivains guinéens sont mieux connus ».
M. Kaba Diakité revient aussi sur les « 72 heures du livre en Guinée », le Salon du livre de Conakry : «La troisième édition, qui s’est tenue du 23 au 25 avril, a été une réussite. Elle a accueilli plus de 5 000 visiteurs au Centre culturel franco-guinéen, et, pour les séances de dédicaces, nous avons reçu jusqu’à 400 personnes. Le thème de ces 72 heures – « Le livre, vecteur de changement » – a suscité beaucoup d’intérêt. C’est sans doute dans l’air du changement politique ».
L’éditeur évoque encore ses projets, liés à son activité : « installation de bibliothèques et de librairies à l’intérieur du pays [,] création des presses universitaires, pour valoriser le travail [des] chercheurs [guinéens], édition de livres scolaires, culturels et touristiques ».

Un entretien réalisé par Cécile Sow, pour l’hebdomadaire Jeune Afrique.

10/12/2011 : à propos des rencontres professionnelles d’éditeurs et de libraires francophones

Une rencontre professionnelle s’est tenue les 21 et 22 novembre 2011 à Tunis. Ces journées, qui réunissaient une quarantaine d’éditeurs et libraires francophones, « venaient prolonger les échanges entamés en octobre 2009 lors de précédentes rencontres à Beyrouth (Liban). Éditeurs et libraires francophones du nord et du sud ont échangé sur la politique du livre, les nouvelles formes de coopération éditoriale, les nouveaux canaux de diffusion, l’évolution des relations entre éditeurs et libraires ou encore l’émergence d’une offre numérique… ».
La rencontre était organisée par le Bureau international de l’édition française (BIEF), en partenariat avec l’OIF, en collaboration du Centre national du livre (CNL) et en liaison avec l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF), les professionnels du livre tunisiens et l’Institut Français de Tunisie.

Un billet publié le 4 décembre 2011, sur francophonie-en-grece.blogspot.com.

09/12/2011 :  le portail camerounais « Culturebene.com »

Culturebene.com est un portail d’information sur « la culture Black & Afro ». Cette nouvelle base de données recense l’actualité culturelle des interviews, l’agenda culturel et toute autre information sur la musique, le cinéma, la littérature les arts plastiques, la mode, le design, etc.
Un espace Web qui peut être amené à évoquer l’actualité du livre au Cameroun et plus largement en Afrique. À suivre…

Une information publiée sur Camerpage, pour Culturebene.com.

08/12/2011 : formation sur l’animation et la communication pour les libraires malgaches et comoriens

Du lundi 28 novembre au jeudi 1er décembre, « les libraires d’Antananarivo, de Toama­sina et de Moroni ont suivi une formation sur l’animation et la  communication à l’IFM Analakely. Animée par Agnès Debiage de  l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF) et de Fabien Corbou, formateur d’Electre, la bibliographie commerciale française, la  formation s’inscrit sur un cycle initiée, il y a six ans par l’AILF ».
Cette session fait suite à cinq autres formations de l’AILF à Madagascar, formations qui « ont abordé essentiellement le management du personnel, la gestion, l’assortiment des libraries ».
Soulaimana Echat de la librairie « Au Paradis des  livres » à Moroni :
« Aujourd’hui, avec l’arrivée de la  fibre optique, les Comoriens commencent à avoir Internet chez eux avec  un débit conséquent. Comme je me suis spécialisée dans la littérature de  jeunesse et scolaire, j’espère voir plus de jeunes fréquenter ma  librairie ».

Un article de Domoina Ratsara, pour L’Express de Madagascar.

08/12/2011 : un concours AfriBD

Le site Internet http://www.afribd.com/ a été mis en ligne récemment. Soutenu par Africultures et selon le même principe que les portails culturels nationaux (Culturesmali, Kamercultures et Burkinacultures) le collectif AfriBD lance un « Appel à contributions graphiques » auprès des bédéistes africains pour réaliser le graphisme du site.
Cet appel est doté de prix en espèces pour les trois gagnants (le premier prix recevra la somme de 600 euros, le deuxième prix 400 euros, le troisième 200 euros) : « le design graphique gagnant apparaîtra par défaut mais les autres graphismes pourront être choisis par l’internaute selon ses goûts ou par esprit de découverte ».

Un appel à contribution publié sur la base de données Africultures.

07/12/2011 : EditAfrica, le livre africain s’ouvre au monde

Le quotidien algérois Le Midi Libre vient de publier un article consacré à notre portail : « Le livre africain vient de se doter d’un nouveau site internet qui traite de différents thèmes relevant du livre dans le Continent noir, notamment son édition et les divers problèmes auquel il fait face […]. Espérons que ce site pourra ouvrir une brèche pour les débats et critiques mais surtout des solution pour le livre en Afrique car à ce jour les problèmes de l’édition, de la diffusion et de la distribution en Afrique n’ont pas encore trouvé leur sauveur. Et nous restons suspendu à cette fameuse question : où va le livre en Afrique ? »

Un article de Kahina Hammoudi, pour le quotidien Le Midi Libre (Algérie).

07/12/2011 : rééditions des œuvres de Régina Yaou en Côte d’Ivoire

La rédaction d’Abidjandirect revient sur la carrière littéraire de Régina Yaou :
« En 1975, alors qu’elle est en première au lycée technique de Cocody, elle participe au concours littéraire organisé par les Nouvelles Editions Africaines (NEA) pour découvrir des jeunes talents ; un peu plus tard, en 1977, les résultats sont enfin proclamés : sa nouvelle La Citadine (inédite à ce jour ), est primée. La lauréate a 22 ans. Sur cette lancée, toujours en 1977, elle écrit son premier roman, Lezou Marie ou les Ecueils de la Vie, mais ne le présentera à un éditeur qu’en 1981. C’est en 1982 que ce roman paraît (NEA/EDICEF). Encouragée par l’accueil chaleureux réservé à ce coup d’essai, Régina Yaou publiera La Révolte d’Affiba (NEA, 1985), Aihui Anka (N.E.A, 1988) et Le Prix de la Révolte (N.E.I, 1996) ».
L’article signale la réédition de plusieurs titres de R. Yaou : « épuisés depuis de longues années […], La Révolte d’Affiba et Aihui Anka-Défi aux sorciers ont été réimprimés. Le roman de Régina Yaou, Les Germes de la Mort, dont le tome 1 était prévu pour 1998 est finalement paru en 1999 chez Passerelle Éditions. Les tomes 2 et 3 dudit roman sont en cours d’édition chez un autre éditeur. L’Indésirable, œuvre publiée par CEDA (2001) a été bien accueillie par le public. Un recueil de courts récits, Histoires Etranges, est en instance de publication aux éditions Neter depuis un long moment.
Quatre manuscrits de littérature enfantine sont à l’étude chez deux éditeurs ivoiriens (La pirogue, Disparue, La morsure et Aniaba prince ou esclave ».
Et de rappeler que « Regina Yaou s’est également essayée avec bonheur à la littérature sentimentale (Adoras, chez N.E.I). Elle y a déjà publié quatre titres sous différents pseudonymes : Symphonie et Lumière (Joëlle Anskey), Cœurs rebelles (Joëlle Anskey) et La fille du lagon (Ruth Owotchi), Les miraculés (Joëlle Anskey). D’autres romans du même genre dans la collection Clair de Lune, chez PUCI ».

Un article publié le 1er décembre 2011, pour le quotidien Abidjandirect (Côte d’Ivoire).

06/12/2011 : polémique autour de la publication d’une œuvre par la Société de Presse et d’Édition Camerounaise

Éric Essono Tsimi, écrivain camerounais, accuse la Société de Presse et d’Édition Camerounaise (SOPECAM) de non-respect du droit d’auteur. Dans un article très détaillé, l’auteur revient sur les étapes de la publication et de l’exploitation d’une œuvre de théâtre collective publiée en 2004 sous le titre Le Jeu de la Vengeance. « Cet ouvrage a bénéficié d’un financement public du Ministère de la Culture et a été dédicacée au Centre Culturel François Villon en décembre 2004. Elle a été exécutée, en ouverture d’un festival organisé par l’Association Scènes d’Ébènes, le 15 mars 2007 au Centre Culturel précité ».
M. Essono Tsimi rappelle que « Le Jeu de la Vengeance se vend depuis sept ans à la Sopecam et peut être consulté, emprunté, et entièrement reprographié aux CCF François Villon à Yaoundé et Blaise Cendrars à Douala […]. L’œuvre originale avait été confiée à la regrettée Ntongon à Zock Edwige, membre fondateur et de la Sociladra et de la Compagnie Ngoti (organisatrice de la résidence d’écriture ci-après mise en cause) ».
Et de souligner les points frauduleux de l’exploitation de l’œuvre à laquelle il a participé, s’appuyant sur les Accords de Bangui révisés et leur annexe VII relatif à la « propriété littéraire et artistique » :
« Le jeu de la vengeance est une création originale (art.6. 1 de la loi du 19 décembre 2000 précitée) [….] ainsi que cela est indiqué dans la table des matières de l’ouvrage querellé, qui est un recueil de sept pièces d’auteurs internationaux. Cette création a donné son nom au recueil de pièces : elle est dite éponyme. Or le titre d’une œuvre est protégé comme l’œuvre elle-même : il y a contrefaçon au sens de la l’article 80 précité. Aux termes des Art. 42 et 43. 2) L’éditeur est tenu c) de faire figurer sur chacun des exemplaires, sauf convention contraire, le nom […] du titulaire du droit d’auteur ; 44. — 1) L’éditeur est également tenu de fournir au titulaire du droit d’auteur toutes justifications propres à établir l’exactitude de ses comptes ».
Selon l’écrivain « il n’y a jamais eu de contrat qui me lie à SOPECAM […]. L’intégrité de mon œuvre a été irréversiblement atteinte par l’adjonction d’autres textes sans mon autorisation, l’adjonction donc la modification voire l’altération de sa forme originale […]. La mention sous la direction de P. Barrat est outrageusement mensongère […]. On ne dirige pas l’écriture d’une pièce de théâtre : c’est un fâcheux précédent qui ne saurait faire jurisprudence dans le monde des lettres et de l’édition […]. La mention de « résidence d’écriture Ngoti » est abusive parce que tous les textes du recueil n’ont pas été écrits lors de cette résidence ».
Un constat : « L’auteur a perdu toute maitrise de son œuvre. Laquelle a bénéficié d’une subvention, sans qu’il n’en soit jamais informé (abus de confiance et détournement de fonds publics ayant abouti à la contrefaçon) ».
E. Essono Tsimi pose la question « La résidence d’écriture Ngoti avait-elle acquis un véritable droit de conclusion du contrat d’édition ou un simple mandat de négociation ? »
Rappelant que « [l]e 14 mars 2007, lors d’un festival, la pièce a été publiquement représentée sans « contrat de représentation » (défini à l’art.41 de la loi) : voilà une violation flagrante de l’article 81.e. précité […]. L’exploitation de l’œuvre dure depuis 2004, la création a été représentée depuis 2007, l’éditeur et le promoteur culturel, respectivement professionnels de l’édition et de l’organisation des spectacles, se sont enrichis aux dépens d’un auteur ; le CCF, en tant que sponsor de la publication, a successivement commis des fautes de négligence et d’imprudence […]. Dès lors le financement du MINCULT a été perçu pour une œuvre qui n’a jamais été publiée […]. Quand bien même le contrat aurait été dûment conclu avec l’auteur, la distribution et la diffusion parfaitement assurées, ma qualité d’auteur normalement reconnue dès la page de couverture, mon nom correctement écrit dans l’œuvre, il leur manquerait encore d’expliquer le non-paiement de mes droits en sept ans d’exploitation ».
Il s’agit avant toute chose pour l’auteur de demander des éclaircissements : « Les zones d’ombre que des enquêtes permettraient d’élucider diraient certainement comment cette subvention a pu être obtenue au MinCult, sans que les destinataires réels du financement ne soient jamais associés à la procédure […]. Pour mémoire, cette subvention provenait du compte d’affectation spécial destiné à promouvoir la production littéraire et artistique camerounaise ».
Appelant à discuter : « Il y a matière à procès : n’étant pas procédurier, je convie publiquement toutes les parties concernées à la table des négociations pour des palabres toutes africaines ».
Un dernier point, enfin : « La parole est désormais au bon sens. Le procès public qui s’ouvre doit trancher sur le point de savoir si ce pays, inventeur de la SOCILADRA (ndlr : Société Civile des Droits de la Littérature et des Arts Dramatiques) et siège de l’OAPI (ndlr : Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle), est, paradoxalement, une zone de non-droit d’auteur ».

Un article de Éric Essono Tsimi, pour le portail d’information Afrik.com.

05/12/2011 : le triomphe du festival « Mboa BD »

Le festival de bande dessinée Mboa, organisé à Yaoundé en novembre, aura fait parler de lui… À l’occasion de la « consécration des lauréats du 2e concours de dessin, qui cette année encore a opposé les meilleures bandes dessinées venues de toute l’Afrique à travers ce festival », le centre culturel François Villon, où se tenait notamment la manifestation, prenait des airs de « marché mokolo » (le plus grand marché de Yaoundé), tant la foule de visiteurs y était importante.
Des récompenses attribuées à « Cédric Minlo, étudiant qui rafle le premier prix, suivi de Kamgaing William et Benito Tameli, consécutivement 2e et 3e. Les prix spécial-jury seront attribués à Zobo’o  Onana Martine (seule fille de la compète) encore élève et à Mbozo’o Bertrand (lycéen) ; qui ont eux aussi accompli un travail admirable ».
Un article qui tire un coup de chapeau à Hervé Noutchaya (Président du collectif A3 à l’origine du festival) et son directeur artistique Yannick Deubou.
Ce jeune rendez-vous de la bande dessinée fait place à un vent d’optimisme : « On peut dire sans risque de se tromper que le pari est tenu en seulement deux éditions, ce qui laisse présager des jours meilleurs pour le dessin africain, pour la BD camerounaise en particulier. En attendant, l’exposition du Mboa BD se poursuit jusqu’au samedi 10 Décembre prochain pour le bonheur des amoureux de cet art qui souhaitent prolonger l’aventure à bord du « Hall Embarquement » du CCF de Yaoundé ».
Landry Mbassi, président du jury du festival revient sur l’évènement : « je suis très satisfait déjà par la qualité des projets que nous ont présentés les jeunes compétiteurs. Je suis moi même artiste plasticien, j’ai commencé le dessin, la peinture, medium classique que l’on connait aux arts visuels, j’ai commencé à me sentir plus ou moins intéressé par des mediums plus ouverts comme la photographie, la vidéo et l’installation, mais sans jamais laisser totalement le dessin, la preuve : je suis là aujourd’hui en tant que président du jury. Et assister à ce projet qui est tenu par des jeunes qui ont en moyenne 30 ans, mais ont réussi à apporter un contenu à ce festival Mboa BD qui n’est qu’à ses débuts, c’est une première et vous voyez le public qui est là, la joie qui déborde, les lauréats qui vivent un moment intense, je ne peux qu’être ému et dire allez de l’avant à ces magiciens du collectif A3 ».

Un article de Darysh, pour le portail Web Culturebene, toute la culture black & afro (Cameroun).

04/12/2011 : le CAFED organise une session de formation aux logiciels libres dédiés à l’édition

Dans le cadre de ses activités 2011, le Centre Africain de Formation à l’Édition et à la Diffusion (CAFED), « programme de formation permanente aux métiers du livre » en Afrique, soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie, « a organisé à Tunis, du 18 au 25 novembre, en collaboration étroite avec l’Institut de la Francophonie Numérique de l’OIF (IFN), une session de formation aux logiciels libres dédiés à l’édition du livre ».
Cette formation a rassemblé « [t]reize stagiaires appartenant à 11 pays francophones africains (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo Brazzaville, Djibouti, Madagascar, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Tunisie) ».
Différents points ont été abordés : « les logiciels libres dédiés à la chaîne du livre, du traitement de texte à la génération de PDF et de livres électroniques en passant par le traitement de l’image et la mise en page ».

Un billet publié le 29 novembre 2011, sur le site Web de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

03/12/2011 : « utiliser les médias nouveaux pour écrire des livres »

À l’occasion de la tenue du colloque sur « la renaissance africaine et les leçons à tirer de la crise ivoirienne » (ouvert ce lundi 4 décembre et qui se clôture aujourd’hui, mercredi 7 décembre), dont il assure la présidence scientifique, l’écrivain Cheikh Hamidou Kane, se prononce, au cours d’un entretien avec Sanou A., « sur la situation de l’Afrique 50 ans après les indépendances, sa relation avec l’Occident, la CPI et, bien sûr, de la littérature africaine ».
Au sujet de la situation littéraire : « Le livre est délaissé. Nous devons faire un effort pour amener nos jeunes à s’intéresser à la lecture sans pour autant chercher à les détourner des nouvelles technologies. Il faut pousser les jeunes à écrire. Il faut utiliser les médias nouveaux pour écrire des livres, les Tic pour évoquer Soundjata, la charte de l’empire Mandé. Si les jeunes les retrouvent à partir de ces moyens, c’est déjà bon. Il ne faut pas faire le deuil de ses sources ».

Un entretien réalisé par Sanou A., pour le quotidien Nord-Sud (Côte d’Ivoire).

02/12/2011 : Gabon, un colloque sur l’édition et la diffusion des littératures en Afrique

Le colloque international, organisé par le Centre de Recherches en Esthétiques Langagières Africaines (CRELAF) intitulé « Autour de l’édition et de la diffusion des littératures africaines », s’est tenu du 30 novembre au 3 décembre derniers à Libreville. La manifestation était soutenue par le Bureau Régional de l’OIF pour l’Afrique Centrale et l’Océan Indien, et s’est inscrite dans le cadre des actions de l’OIF pour promouvoir la diversité culturelle et linguistique.
Rassemblant « une vingtaine d’enseignants-chercheurs africains venant de neuf pays (Afrique du Sud, Algérie, Cameroun, Côte d’ivoire, Etats-Unis d’Amérique, France, Gabon, Rwanda et Sénégal) », le colloque s’est concentré sur « l’écriture et la diffusion de l’histoire culturelle et littéraire des peuples africains », à partir « d’œuvres et les perspectives scientifiques de la littérature africaine ».
De (très) nombreux points ont été abordés : « enjeux politiques et culturels dans la critique des littératures africaines, rôle des revues et maisons d’édition pour le développement des littératures africaines, place de l’édition littéraire dans l’éducation, promotion de la culture et le renforcement des institutions publiques, industrie du livre et le fait littéraire, prix littéraires africains,  littérature comparée, construction littéraire et l’image identitaire, communication littéraire et l’interconnexion des réseaux relationnels, relation épistolaire des néo littératures africaines, importance de la transmission orale pour la communication littéraire en Afrique, littérature et les savoirs formateurs… »

Un billet publié le 30 novembre 2011 sur le site Web de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

01/12/2011 : la lecture et le livre en Côte d’Ivoire

François Mérouze part d’un constat : « Les ivoiriens n’aiment pas la lecture. C’est une réalité indiscutable ». Le journaliste ouvre son billet d’un proverbe : « La meilleur façon de cacher des billets de banque à un africain consiste à les placer entre les pages d’un livre. De la sorte, c’est sûr que jamais ce dernier ne pourra les retrouver ».
Le coût élevé du livre est-il la seule raison de la désaffection dont fait la lecture en Côte d’Ivoire fait l’objet ?
Il semble que le problème ne se situe pas à ce niveau, selon M. Mérouse : « l’aversion d’un grand nombre pour les bibliothèques témoigne plutôt que le problème n’est pas à ce niveau […]. En effet, il existe des bibliothèques publiques et privées qui ouvrent leurs portes aux lecteurs à partir d’une simple inscription dont le coût varie entre 1000 francs CFA (Bibliothèques municipales et scolaires) et 10.000 francs CFA (bibliothèque du CERAP) […]. Malheureusement, les ivoiriens ne sont pas friands de ces lieux calmes, propices à la lecture et à la réflexion ».
Cette situation serait-elle due à la « génération actuelle » ? Toujours est-il que « [p]our quelques amoureux de la culture livresque, les décideurs politiques et les spécialistes de l’éducation devraient multiplier les communications autour des livres pour informer parents d’élèves et citoyens lambda sur les multiples vertus de la lecture, […] la sensibilisation à ce niveau est sporadique et les efforts pour rapprocher le livre des potentiels lecteurs en créant par exemple des bibliothèques dans toutes les écoles ou en encourageant les concours littéraires, sont anémiques ».
Et une dernière question : « Qui des parents, professeurs ou gouvernants est responsable de ce phénomène chaotique qui gangrène la Côte d’ivoire depuis quelques générations ? »

Un article de François Mérouze, pour Koaci.com, l’info au cœur de l’Afrique (Côte d’Ivoire).

1 Commentaire

  1. Bonjour merci beaucoup pour vos articles et pour nous faire suivre pas à pas cette aventure. Et merci de rendre accessible votre ouvrage à tous.

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